Samedi 04 avril

Grand silence sur la terre

Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts

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Samedi 04 avril

Grand silence sur la terre

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En ce 4 avril, nous sommes le Samedi saint. Jésus est mort hier sur la croix, et l'Église aujourd'hui fait silence. La Parole de Dieu éclatera ce soir, dans la Vigile de Pâques, et pour l'instant elle se retient. C'est le temps grave du recueillement. C'est le mystère aussi d'un immense travail, le travail que fait Jésus dans les profondeurs de la mort pour rejoindre chacun de nous depuis la nuit des temps et jusqu'au dernier jour.

Seigneur Jésus, en ce grand silence du Samedi saint, donne-moi la grâce d'accueillir ta visite dans mes propres lieux de mort. Viens me relever, me libérer, et me conduire vers la Lumière de Pâques.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Nous écoutons le chant “Que dans la mort je ne m'endorme pas, par le Chœur liturgique de l'Abbaye de Sylvanès.

R/ Que dans la mort je ne m'endorme pas!
Illumine mes yeux, Seigneur, éveille-moi!

1. Vois et réponds-moi, Seigneur,
que dans la mort je ne m'endorme.

2. C'est en ton amour, Seigneur,
que je reposerai mon âme.

Exceptionnellement, nous ne prions pas avec un texte de la Parole de Dieu, mais avec une homélie fameuse du 4ème siècle, attribuée à l'évêque Épiphane. Sa version complète se trouve dans la Liturgie des Heures.

Que se passe-t-il ? Aujourd'hui, grand silence sur la terre ; grand silence et grande solitude parce que le Roi dort. Dieu s'est endormi dans la chair, il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres, à l'ombre de la mort.
Descendons donc avec lui pour voir l'Alliance entre Dieu et les hommes. Là se trouve Adam, le premier Père, et comme premier créé, enterré plus profondément que tous les condamnés. Là se trouve Abel, le premier mort, et figure du Christ tué par ses frères. Là se trouve Noé, figure du Christ, qui construisit la grande arche de Dieu, l'Église. Là se trouve Abraham, un père pour le Christ, qui mit sa foi en Dieu sans rien retenir. Là demeure Moïse, qui annonçait la loi du Christ. Là se trouvent tous les prophètes. Et l'un d'entre eux s'écrie : Du ventre de l'enfer, entends mon cri ! Et un autre : Fais briller sur nous ta face et nous serons sauvés…
Mais, comme le Seigneur pénétrait dans les lieux inférieurs, Adam entendit ses pas. Il reconnut la voix de celui qui cheminait dans les allées de la mort. Et le Seigneur entra, muni de la croix, l'arme de sa victoire. Et lui ayant saisi la main, il lui dit : Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera. Je suis ton Dieu, qui pour toi suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t'ai pas créé pour que tu restes enchaîné dans l'enfer. Lève-toi, l'œuvre de mes mains, toi qui fus créé à mon image. Lève-toi et partons d'ici, car tu es en moi et je suis en toi.
Vois les crachats sur mon visage, vois les soufflets sur mes joues : je les ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Vois la flagellation sur mon dos : je l'ai subie pour éloigner de tes épaules le fardeau de tes péchés. Vois mes mains qui furent clouées au bois, à cause de toi qui autrefois as péché en tendant la main vers le bois.
Lève-toi et partons d'ici, de la mort à la vie, de la corruption à l'immortalité. Levez-vous, partons d'ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, la salle des noces est préparée, le Royaume des Cieux qui existait avant tous les siècles vous attend.

1. Voici comment un père de l'Eglise se représente le Samedi saint, comme un grand silence, tandis que Jésus visite les enfers (« Il est descendu aux enfers », dit le Credo), c'est-à-dire : il rejoint chacun des humains, depuis la nuit des temps, ceux d'hier et ceux aussi de demain. J'entre dans ce mystère, je m'imagine l'immense travail du Christ mort, qui nous visite un à un, et je fais silence.

2. Dans le silence du Samedi saint, je peux resserrer mon regard pour confier au Seigneur Jésus quelques lieux de mort qui me touchent particulièrement. Je lui confie peut-être quelques proches défunts. Je lui confie des victimes de la violence ou du malheur, dont la mort m'a affectée récemment. Et je me confie à lui pour que, tout vivant que je suis, il vienne en sauveur visiter mes profondeurs.

Nous pouvons écouter une seconde fois l'homélie du Pseudo-Épiphane.

Sans hésiter, avec des mots bien à moi, je n'hésite pas à m'adresser quelques instants à Jésus, Jésus qui dort dans son tombeau. Il dort, mais il m'écoute et je lui parle.

Âme du Christ, sanctifie-moi,
Corps du Christ, sauve-moi,
Sang du Christ, enivre-moi,
Eau du côté du Christ, lave-moi,
Passion du Christ, fortifie-moi.
Ô bon Jésus, exauce-moi.
Dans tes blessures, cache-moi.
Ne permets pas que je sois séparé de toi.
De l'ennemi défends-moi.
À ma mort appelle-moi.
Ordonne-moi de venir à toi,
Pour qu'avec tes saints je te loue,
Dans les siècles des siècles. Amen.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Musiques

Que dans la mort je ne m'endorme pas de Choeur liturgique de l'abbaye de Silvanès
«Liturgie chorale du peuple de Dieu: Ténèbres» © Choeur liturgique de l'abbaye de Silvanès © 2013 ADF-Studio SM

Saint, saint, saint de Gordon Zamor
«Atmosphère de prière.» © Gordon Zamor © Émission produite par EMCI TVJésus-Christ est saint - Instrumental - Atmosphère de prière - Gordon Zamor

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