Une rencontre précieuse -topo 3-

« Comment être davantage libres dans nos relations, libres pour aimer, en vivant des relations davantage ajustées ? »

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Une rencontre précieuse -topo 3-

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Comment vouloir mettre de l'ordre dans nos existences sans se pencher sur nos relations et voir comment les tourner vers Dieu, les ordonner à lui ?

Oui, comment être davantage libres dans nos relations, libres pour aimer, en vivant des relations davantage ajustées ?

En Marc, 9, 33 Jésus raconte que les apôtres viennent à Capharnaüm. Arrivés à la maison Jésus les interroge : en chemin, quelles réflexions faisiez-vous ? En chemin, ils s’étaient disputés : Qui est le plus grand ? Alors Jésus s'assoit, il appelle les Douze et il leur dit : qui veut être le premier, qu'il soit de tous le dernier et de tous, le serviteur.

Puis Jésus prend un petit enfant, il le met au milieu d’eux, il le serre dans ses bras et il leur dit : « qui accueille un de ses petits enfants en mon nom, c'est moi qu’il accueille, et qui m'accueille ce n'est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m'a envoyé. »

Je propose ce passage de l’Evangile parce qu’il pourrait nous aider à considérer devant Dieu la vérité et la consistance de toutes nos relations. C’est qu’à l'époque de Jésus, l'enfant n'a pas grand prix, pas grande valeur, pas de consistance en soi, ne serait-ce qu'à cause de la mortalité infantile : un petit enfant, c’est seulement une personne en devenir.
Il y 48 heures, je marchais dans les rues de Lille, sous un soleil réconfortant mais encore frais, et de loin, au bout du trottoir, j'aperçois un enfant à terre et une femme debout qui ne l’aidait pas à se relever. Intrigué, je m'avance et je vois finalement cette petite fille se relever souplement, faire quelques pas, et dire badaboum, en se laissant de nouveau tomber. Sa maman, avec philosophie et amusement, l'invite à se relever et à repartir, ce que l'enfant fait, avant, de nouveau, de faire badaboum et de tomber. J’interroge en riant la maman : la petite fille avait 18 mois ; bêtement, je n'ai pas osé demander son prénom. Mais ce petit enfant tout à la joie de commencer à marcher et à parler, m’a habité les jours suivants, comme une rencontre précieuse. Je n'en étais pas à l'initiative, et cette rencontre me parlait de la bonté de la vie, de sa gratuité, de sa promesse.

Pour mettre de l'ordre dans nos relations, je vous propose d'abord un premier exercice : considérer une relation assez gratuite, avec une personne qui compte peu aux yeux du monde, et dont la rencontre a eu pour vous de la saveur- un petit enfant inconnu, ou un jeune migrant subsaharien à la rue, une personne âgée en EPHAD… Là, je suis sûr d’avoir affaire à Jésus, parce que Lui, s’identifie aux derniers, aux petits. Et c'est à partir de cette rencontre, la rencontre d’un tout petit, que vous allez pouvoir considérer vos autres relations, les peser, et percevoir comment elles me font vivre. Cela va ouvrir mes yeux.
Jésus, avant de prendre le petit enfant, de le serrer dans ses bras, et de parler aux disciples pour dire : qui veut être le premier qu’il soit de tous le dernier, et de tous, le serviteur. Donc partir de cette relation, de cette rencontre avec un petit, va ouvrir vos yeux, parce c’est qu’ainsi que le Père de la vie et des vivants, tout comme Jésus, c’est ainsi qu’il regarde notre humanité.
Et voici un autre exercice spirituel qui peut m’aider. Je commence par demander la grâce de faire la vérité dans mes relations, de venir à la lumière grâce à l'Esprit Saint.

Dans un premier temps je fais mémoire d'une rencontre récente qui m'a fait du bien, qui m’a mis en joie et d'une autre rencontre qui m'a laissé dans un certain malaise. En les recueillant, en regardant ce qui s’est passé, je m’interroge : ces relations, comment ne pas simplement les rapporter à moi, à ma satisfaction ou à mon insatisfaction, mais comment les orienter vers Dieu et les ordonner à son amour ?

Et après avoir considéré cette rencontre, je vous propose de faire un scan de vos relations, tranquillement, quitte à prendre un papier pour y jeter des prénoms, ou votre téléphone. Scanner, recueillir, laisser venir les relations plus importantes et les considérer pour percevoir celles qui importent vraiment, celles qui me font vivre et les autres qui peuvent être toxiques ou inutiles ; juste inutiles; des relations qui provoquent une mauvaise dépendance ou qui sont des relations intéressées, ou à l’inverse, des relations qui me font du bien, qui ont du poids dans ma vie.
Et je confie à Dieu ces relations, je laisse grandir en moi le désir de prendre soin des personnes qui comptent pour moi et je demande que Dieu ordonne toutes ces relations à son amour.

Rappelons-nous : pour nous désencombrer des choses mais aussi des relations, le plus simple et le plus efficace, c’est de renoncer intérieurement à ce qui tient beaucoup ou trop de place dans ma vie, en confiant ces relations à Dieu, et d’y renoncer. Puis je regarde ce que l'Esprit Saint suscite en moi comme mouvements intérieurs, soit pour retourner vers ces personnes, avec une plus grande liberté, soit en laissant derrière moi ces personnes et ces relations, puisqu’elles sont un obstacle à la vie en Dieu. « C’est pour que vous soyez libre, que le Christ vous a libéré, » dit saint Paul au chapitre 5 de la lettre aux Galates.
Jour après jour, dans notre marche vers Pâques, je peux me rendre attentif à la façon dont Jésus, toujours en chemin, va de rencontre en rencontre, dans l’évangile quotidien. Pour apprendre de lui comment il entre en relation, prend soin des gens, écoute leur désir, essaie d’y répondre et de les ouvrir à plus grand, à un salut qui les tire du malheur.
Ainsi de la samaritaine au bord du puits : la soif de Jésus révèle à la femme sa soif d’eau vive et d’amour frais. Ou bien de la femme adultère qui retrouve vie et dignité devant Jésus.

Nous avons pu récemment célébrer la fête de saint Joseph puis l’Annonciation. Comment l’annonce à Joseph, ainsi que l’annonce à Marie nous parlent-elles de relations ajustées à Dieu ? « Que tout se passe pour moi selon ta parole ! »

Alors, bonne marche vers Pâques, dans une vie davantage ordonnée au service et à l’amour de Dieu !

Mettre de l’ordre dans sa vie, c’est bien. Mais ordonner sa vie à un autre, c’est mieux; Lui faire une place plus grande en désirant vivre comme créature, devant mon créateur. en apprenant à le respecter, le louer et le servir.

Et alors pour me désencombrer en tout, me tourner vers Lui, et vivre d’un amour plus grand.

Bonne marche vers Pâques !

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