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[content] => La Résurrection du Christ n’est pas restée sans conséquences. Aujourd’hui encore, elle fait son oeuvre. Si nous ne sommes pas encore pleinement ressuscités avec Jésus, nous pouvons être relevés et restaurés par lui dès maintenant.
Aujourd’hui, écoutons Nathanaël, 27 ans, touché par l’amour de Dieu lors de la retraite d’été destinée aux jeunes pro à Pen’boch, à travers les exercices spirituels de saint Ignace.
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[content] => J'étais parti finir mes études en Amérique du Sud, ensuite j'ai été chez Miséricordia. J'avais absolument envie de faire une expérience associative à l'étranger, je ne m'y suis pas du tout trouvé à ma place. Je me suis écouté et je suis parti sans aucune préparation faire 5 ou 6 000 kilomètres de stop pour aller jusqu'au Cap Horn, depuis Buenos Aires, parce que c'est l'endroit dont je rêvais le plus au monde, et de naviguer dans les canaux de Patagonie sous les glaciers.
En fait, je suis parti sur un an d'aventure, mon cousin en parallèle était lui dans une autre asso, et il m'a appelé, il m'a dit « mais qu'est-ce que tu fais toi, en rentrant, pour te préparer à la vie à Paris, pour redescendre quoi ? » Je lui ai dit que j'avais rien de prévu et que ça va, ça avait pris pas mal de temps, je venais de traverser l'Atlantique en voilier, donc j'avais eu le temps de réfléchir et tout, mais lui il m'a dit « moi je fais une retraite parce que je pense que ça permet de relire un peu tout ça ». Je me suis dit « bah t'as raison », et donc je suis parti en retraite, finalement lui n'y est pas parti, et j'ai cherché sur le site Retreat des retraites qui pourraient me correspondre. J'étais assez attiré par la spiritualité jésuite parce qu'il y a une question d'intellect qui m'attirait, une spiritualité assez réfléchie, et en fait c'est pas du tout qu'intellectuel, c'est même au contraire plutôt sensible, avoir de la sensibilité sur les textes. Donc en fait, il y a quand même un lien entre l'intellect et le cœur qui est super puissant. Si on part trop dans juste l'intellect, on n'arrive pas forcément à sentir Dieu.
Cette retraite, elle m'a totalement surpris. Je savais que c'était une retraite de dix jours, j'avais pas compris que dans les dix jours il y en avait cinq qui étaient en silence.Un peu tracos ! Et donc ça c'est quelque chose qui déjà est très surprenant. J'étais parti avec pas mal de certitudes sur où est-ce que Dieu m'attendait, sur où est-ce que je pourrais le trouver. Ce fait de dire « en fait, je sais où Dieu est, et je sais où je vais le trouver », ça m'a mené à m'arquebouter sur quelque chose qui ne m'a pas mené à Dieu.
Et à partir du moment où je me suis dit « mais en fait je sais pas, je suis ignorant, il faut que j'arrête de croire que je peux anticiper où Dieu va me parler », là je suis vraiment rentré en relation avec lui.
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[content] => Dans la retraite en silence, on est rentré de plus en plus profondément dans les exercices de Saint Ignace, où on lit des textes et on essaye de sentir la présence de Dieu dedans. Et effectivement si on trouve pas Dieu dans cette retraite en silence, c'est carrément dur à vivre. En l'occurrence j'ai fini par le trouver au bout de 3-4 jours, et par comprendre qu'il était là depuis le début et qu'en fait il m'écoutait, et qu'il faisait attention à moi. Je ne me rendais pas compte, mais en lisant ces textes j'arrivais à avoir des analyses qui étaient très sensibles et très fines, genre sur un mot, par exemple le mot « citoyen » dans l'Évangile du fils prodigue, qui est un mot super banal, qui ne devrait pas avoir d'importance, je partais sur un quart d'heure de méditation sur ce mot-là. Pourquoi il a utilisé « citoyen » et pas « homme » et pas... Ça c'est qu'un exemple, mais il y a eu beaucoup de lectures beaucoup plus fines que ce que j'ai habituellement quand je lis la Bible. La manière dont je l'ai ressenti c'est que c'était Dieu qui me parlait à travers le texte de cette manière-là. C'était des lectures qui étaient trop fines pour venir simplement de ma réflexion, sauf que moi pendant 3-4 jours je me suis dit « mais non mais ok, je suis juste en train d'avoir une réflexion plus fine, mon cerveau fait des nœuds, ou fait des liens, fait des connexions, et en fait ça ne vient pas de Dieu, ça vient de moi. » J'en parle à mon accompagnateur spirituel. Petit à petit j'étais en train de m'enfoncer dans un certain scepticisme en fait, où je me disais « non mais là tout ce qui pourrait ressembler à des preuves de Dieu, et à des communications de Dieu, c'est juste mon esprit qui fait des nœuds tout seul. » Jusqu'à ce que je pète un peu un câble en mode « ça fait trois jours que je suis en silence pour trouver Dieu, il n'est pas là, à un moment donné je vais faire le minimum et je vais arrêter de faire des efforts si lui n'a pas envie d'être là et de venir me rejoindre.»
Le soir même il y avait une messe, je vais à la messe un peu de manière automatique, sans ferveur, et là je me rends compte que pendant cette messe, j'écoute toutes les paroles de la messe. Ce qui ne m'est jamais arrivé, moi j'ai un énorme trouble de l'attention et à chaque fois que je vais à une messe, si j'en retiens dix phrases c'est un miracle. Et là je me rends compte que sans le vouloir, sans faire attention, j'écoute et je comprends le sens de toutes les paroles, y compris de la liturgie et même des chants.
C'est un truc que je n'aurais pas pu faire par la force de ma volonté, même si je l'avais voulu, et là ça arrive naturellement. Ça, ça m'apparaît comme une preuve indéniable que Dieu me dit « mais attends, mais je suis là, et ce que je mets dans ton esprit, ce n'est pas juste ta psychologie qui fait des nœuds, c'est moi qui suis en train de te parler. » Je me souviens que même après ça, j'ai été encore dubitatif et j'en ai parlé à mon accompagnateur qui m'a dit « à un moment donné frère, fais un effort. Ce n'est pas du tout anodin tout ce que tu reçois comme signe, tout ce que Dieu est en train de te dire, mais tu as eu une chance, tu ne te rends pas compte de la richesse de ce qu'il t'envoie comme message, et toi tu es là à douter, mais à un moment donné, remets-toi un peu en question et accepte que tout ne vient pas de toi, juste rends-toi capable d'écouter Dieu. »
Là j'ai eu un petit électrochoc qui a pris une ou deux heures et après je me suis dit « mais en fait oui, pardon Seigneur, je fais le sourd depuis le début, mais en fait c'est juste évident. »
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[content] => Ça faisait des années que j'entendais des gens dire « Dieu me parle, j'ai senti que Dieu me disait de faire ça » et moi je me demandais « mais comment il te parle ? Est-ce qu'il t'envoie un message ? Est-ce que tu entends sa voix dans ta tête ? » Ça me paraissait lunaire, je n'ai jamais entendu Dieu me parler, donc je ne comprenais pas ce que ça voulait dire.
Donc déjà là j'ai compris par quel biais, par quelle voix Dieu pouvait nous parler. J'ai compris aussi que ce n'était pas là où on l'attendait et qu'il fallait avoir l'humilité de se dire « en fait je ne sais pas où Dieu veut m'attendre, donc je vais le laisser faire, je vais être à l'écoute et je vais me laisser un peu guider. » Je pense que c'est ce qu'on appelle l'abandon.
Et puis ce qui était incroyable aussi, c'est que j'ai vraiment ressenti l'amour et l'attention de Dieu. Ça a dû m'arriver peut-être quatre fois pendant une veillée de prière ou quoi de sentir vraiment l'amour de Dieu et de me dire « mais ouais en fait il est là et ce n'est pas du mytho et il nous aime vraiment. » Tu vois, de le sentir sans vraiment sentir une relation quoi. Sauf que là, à Pen'boch dans cette retraite, j'ai ressenti qu'il nous parlait en tant qu'humains, de manière très individuelle. Il tenait à nous et il voulait entrer en relation avec moi-même quoi. Mon accompagnateur a eu ce rôle-là de me dire « non mais là juste en fait tu es en train de t'auto-persuader que les preuves que tu entends de Dieu c'est des choses qui se passent juste dans ta tête, alors qu'en fait non, juste regarde ça, ça semble quand même assez irréfutable.
Le fait que Dieu te permette d'entendre une messe alors que toi même par la force de ta volonté t'en es absolument incapable et que tu as essayé de faire ça pendant 20 ans et que là d'un coup tiens par miracle alors que tu n'as même pas envie de le faire, ou en tout cas tu fais aucun effort pour le faire, ça te soit rendu possible, et bien peut-être que ça c'est pas une boucle de ton esprit mais que ça vient vraiment de Dieu quoi. Et j'avais besoin de ce petit plaquage, ce petit coup sur l'épaule pour me dire « attends, lève les yeux au ciel deux secondes quoi, arrête de t'enfermer toi-même. »
Pour autant il ne m'a pas rejoint dans la rationalité pure. Si c'était juste une preuve rationnelle qu'on reçoit comme ça, qui est entendable et compréhensible par tous en une petite démonstration d'un quart d'heure, et bien il n'y aurait aucun mérite à croire : il n'y a pas de mérite à croire dans le théorème de Pythagore. Alors que croire dans l'existence de Dieu c'est un élan propre, c'est une volonté, il y a besoin de faire un mouvement, un geste vers lui et peut-être de prendre le risque de croire en Dieu qui est dans une autre strate quoi.
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[content] => Je pense qu'il y a deux enseignements. Le premier, c'est quand même de savoir que Dieu est là, ça change complètement ta vie quoi. C'est très très fort quand tu as une preuve sensible de l'existence de Dieu ou en tout cas quand tu le ressens sensiblement, ça va te porter pendant trois jours et puis après tu repars dans une certaine traversée du désert, dans une sécheresse, dans une difficulté à te mettre en présence de Dieu. Là le fait de l'avoir vécu de manière aussi tangible, aussi puissante, ça me permet de regarder en arrière et de me dire « mais en fait s'il y a ce moment-là, il y a cette messe où il m'a permis d'écouter en me donnant un supplément de force » et donc tu peux te retourner vers ça et regarder en arrière et te dire « mais en fait ça existe quoi, c'est là, je le sais que dans mon passé il y a eu ça, que c'est pas un mythe et que Dieu est vraiment là quoi ». Donc ça affirme pour tout le restant de ta vie la preuve de l'existence de Dieu et surtout de son amour.
C'est le premier enseignement qui est très fort et qui change un peu ma vie même si évidemment ça reste dur d'entretenir ce lien et notamment dans la vie de tous les jours ça reste très compliqué mais c'est déjà un pas important.
La deuxième chose aussi c'est la rencontre avec la force de cet amour qui te fait tout remettre en perspective. C'est qu'en fait tu te rends compte que la chose qui a le plus de valeur dans la vie, la chose qui peut te rendre le plus heureux, qui peut te donner plus de joie, durable et de bonheur, c'est de ressentir l'amour de Dieu et d'être en relation avec Dieu.
Tu regardes un peu ce pourquoi tu te battais avant, tu regardes l'argent, tu regardes la gloire, le succès ou je sais pas quoi, tu regardes l'amour de Dieu à côté et tu te dis « waouh, c'est pour ça que je me battais quoi ». Et à côté de ça il y a l'amour de Dieu qui est tellement plus fort, tellement plus puissant, à côté ça n'a pas de valeur quoi. Et du coup tu changes un peu tes schémas de vie, là où le carriérisme pouvait être ton horizon premier et ce à quoi tu consacres le plus de temps.
Il y en a plusieurs qui dans cette retraite se sont dit « mais en fait j'ai envie de changer de vie quoi, je sais pas ce que je fais là », dans une boîte dont la seule recherche est la création de valeur monétaire, est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de plus grand que ça à faire quoi ? Tu évolues un peu là-dessus et tu te dis « mais non mais en fait il y a quand même d'autres choses qui ont plus de valeur ». : genre s'occuper des autres, rencontrer Dieu dans la nature, dans les relations humaines et puis dans la prière.Et du coup tu passes un peu plus de temps, tu te mets aussi à lire des livres qui sont différents. C'est quelque chose qui a déjà commencé à me rendre plus heureux.
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[title] => Témoins de Résurrection
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[description] => Dieu relève et restaure ! Cette année encore, nous vous proposons pour le Temps pascal de nous émerveiller de l'œuvre de Résurrection du Seigneur en cours, ici et maintenant. Cette année, nos témoins de Résurrection sont des accompagnateurs spirituels formés aux Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola.
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[quote] => "Tu te rends compte que la chose qui a le plus de valeur dans la vie (...) c'est de ressentir l'amour de Dieu et d'être en relation avec Dieu." Nathanaël, retraitant
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La Résurrection du Christ n’est pas restée sans conséquences. Aujourd’hui encore, elle fait son oeuvre. Si nous ne sommes pas encore pleinement ressuscités avec Jésus, nous pouvons être relevés et restaurés par lui dès maintenant.
Aujourd’hui, écoutons Nathanaël, 27 ans, touché par l’amour de Dieu lors de la retraite d’été destinée aux jeunes pro à Pen’boch, à travers les exercices spirituels de saint Ignace.
J'étais parti finir mes études en Amérique du Sud, ensuite j'ai été chez Miséricordia. J'avais absolument envie de faire une expérience associative à l'étranger, je ne m'y suis pas du tout trouvé à ma place. Je me suis écouté et je suis parti sans aucune préparation faire 5 ou 6 000 kilomètres de stop pour aller jusqu'au Cap Horn, depuis Buenos Aires, parce que c'est l'endroit dont je rêvais le plus au monde, et de naviguer dans les canaux de Patagonie sous les glaciers.
En fait, je suis parti sur un an d'aventure, mon cousin en parallèle était lui dans une autre asso, et il m'a appelé, il m'a dit « mais qu'est-ce que tu fais toi, en rentrant, pour te préparer à la vie à Paris, pour redescendre quoi ? » Je lui ai dit que j'avais rien de prévu et que ça va, ça avait pris pas mal de temps, je venais de traverser l'Atlantique en voilier, donc j'avais eu le temps de réfléchir et tout, mais lui il m'a dit « moi je fais une retraite parce que je pense que ça permet de relire un peu tout ça ». Je me suis dit « bah t'as raison », et donc je suis parti en retraite, finalement lui n'y est pas parti, et j'ai cherché sur le site Retreat des retraites qui pourraient me correspondre. J'étais assez attiré par la spiritualité jésuite parce qu'il y a une question d'intellect qui m'attirait, une spiritualité assez réfléchie, et en fait c'est pas du tout qu'intellectuel, c'est même au contraire plutôt sensible, avoir de la sensibilité sur les textes. Donc en fait, il y a quand même un lien entre l'intellect et le cœur qui est super puissant. Si on part trop dans juste l'intellect, on n'arrive pas forcément à sentir Dieu.
Cette retraite, elle m'a totalement surpris. Je savais que c'était une retraite de dix jours, j'avais pas compris que dans les dix jours il y en avait cinq qui étaient en silence.Un peu tracos ! Et donc ça c'est quelque chose qui déjà est très surprenant. J'étais parti avec pas mal de certitudes sur où est-ce que Dieu m'attendait, sur où est-ce que je pourrais le trouver. Ce fait de dire « en fait, je sais où Dieu est, et je sais où je vais le trouver », ça m'a mené à m'arquebouter sur quelque chose qui ne m'a pas mené à Dieu.
Et à partir du moment où je me suis dit « mais en fait je sais pas, je suis ignorant, il faut que j'arrête de croire que je peux anticiper où Dieu va me parler », là je suis vraiment rentré en relation avec lui.
Dans la retraite en silence, on est rentré de plus en plus profondément dans les exercices de Saint Ignace, où on lit des textes et on essaye de sentir la présence de Dieu dedans. Et effectivement si on trouve pas Dieu dans cette retraite en silence, c'est carrément dur à vivre. En l'occurrence j'ai fini par le trouver au bout de 3-4 jours, et par comprendre qu'il était là depuis le début et qu'en fait il m'écoutait, et qu'il faisait attention à moi. Je ne me rendais pas compte, mais en lisant ces textes j'arrivais à avoir des analyses qui étaient très sensibles et très fines, genre sur un mot, par exemple le mot « citoyen » dans l'Évangile du fils prodigue, qui est un mot super banal, qui ne devrait pas avoir d'importance, je partais sur un quart d'heure de méditation sur ce mot-là. Pourquoi il a utilisé « citoyen » et pas « homme » et pas... Ça c'est qu'un exemple, mais il y a eu beaucoup de lectures beaucoup plus fines que ce que j'ai habituellement quand je lis la Bible. La manière dont je l'ai ressenti c'est que c'était Dieu qui me parlait à travers le texte de cette manière-là. C'était des lectures qui étaient trop fines pour venir simplement de ma réflexion, sauf que moi pendant 3-4 jours je me suis dit « mais non mais ok, je suis juste en train d'avoir une réflexion plus fine, mon cerveau fait des nœuds, ou fait des liens, fait des connexions, et en fait ça ne vient pas de Dieu, ça vient de moi. » J'en parle à mon accompagnateur spirituel. Petit à petit j'étais en train de m'enfoncer dans un certain scepticisme en fait, où je me disais « non mais là tout ce qui pourrait ressembler à des preuves de Dieu, et à des communications de Dieu, c'est juste mon esprit qui fait des nœuds tout seul. » Jusqu'à ce que je pète un peu un câble en mode « ça fait trois jours que je suis en silence pour trouver Dieu, il n'est pas là, à un moment donné je vais faire le minimum et je vais arrêter de faire des efforts si lui n'a pas envie d'être là et de venir me rejoindre.»
Le soir même il y avait une messe, je vais à la messe un peu de manière automatique, sans ferveur, et là je me rends compte que pendant cette messe, j'écoute toutes les paroles de la messe. Ce qui ne m'est jamais arrivé, moi j'ai un énorme trouble de l'attention et à chaque fois que je vais à une messe, si j'en retiens dix phrases c'est un miracle. Et là je me rends compte que sans le vouloir, sans faire attention, j'écoute et je comprends le sens de toutes les paroles, y compris de la liturgie et même des chants.
C'est un truc que je n'aurais pas pu faire par la force de ma volonté, même si je l'avais voulu, et là ça arrive naturellement. Ça, ça m'apparaît comme une preuve indéniable que Dieu me dit « mais attends, mais je suis là, et ce que je mets dans ton esprit, ce n'est pas juste ta psychologie qui fait des nœuds, c'est moi qui suis en train de te parler. » Je me souviens que même après ça, j'ai été encore dubitatif et j'en ai parlé à mon accompagnateur qui m'a dit « à un moment donné frère, fais un effort. Ce n'est pas du tout anodin tout ce que tu reçois comme signe, tout ce que Dieu est en train de te dire, mais tu as eu une chance, tu ne te rends pas compte de la richesse de ce qu'il t'envoie comme message, et toi tu es là à douter, mais à un moment donné, remets-toi un peu en question et accepte que tout ne vient pas de toi, juste rends-toi capable d'écouter Dieu. »
Là j'ai eu un petit électrochoc qui a pris une ou deux heures et après je me suis dit « mais en fait oui, pardon Seigneur, je fais le sourd depuis le début, mais en fait c'est juste évident. »
Ça faisait des années que j'entendais des gens dire « Dieu me parle, j'ai senti que Dieu me disait de faire ça » et moi je me demandais « mais comment il te parle ? Est-ce qu'il t'envoie un message ? Est-ce que tu entends sa voix dans ta tête ? » Ça me paraissait lunaire, je n'ai jamais entendu Dieu me parler, donc je ne comprenais pas ce que ça voulait dire.
Donc déjà là j'ai compris par quel biais, par quelle voix Dieu pouvait nous parler. J'ai compris aussi que ce n'était pas là où on l'attendait et qu'il fallait avoir l'humilité de se dire « en fait je ne sais pas où Dieu veut m'attendre, donc je vais le laisser faire, je vais être à l'écoute et je vais me laisser un peu guider. » Je pense que c'est ce qu'on appelle l'abandon.
Et puis ce qui était incroyable aussi, c'est que j'ai vraiment ressenti l'amour et l'attention de Dieu. Ça a dû m'arriver peut-être quatre fois pendant une veillée de prière ou quoi de sentir vraiment l'amour de Dieu et de me dire « mais ouais en fait il est là et ce n'est pas du mytho et il nous aime vraiment. » Tu vois, de le sentir sans vraiment sentir une relation quoi. Sauf que là, à Pen'boch dans cette retraite, j'ai ressenti qu'il nous parlait en tant qu'humains, de manière très individuelle. Il tenait à nous et il voulait entrer en relation avec moi-même quoi. Mon accompagnateur a eu ce rôle-là de me dire « non mais là juste en fait tu es en train de t'auto-persuader que les preuves que tu entends de Dieu c'est des choses qui se passent juste dans ta tête, alors qu'en fait non, juste regarde ça, ça semble quand même assez irréfutable.
Le fait que Dieu te permette d'entendre une messe alors que toi même par la force de ta volonté t'en es absolument incapable et que tu as essayé de faire ça pendant 20 ans et que là d'un coup tiens par miracle alors que tu n'as même pas envie de le faire, ou en tout cas tu fais aucun effort pour le faire, ça te soit rendu possible, et bien peut-être que ça c'est pas une boucle de ton esprit mais que ça vient vraiment de Dieu quoi. Et j'avais besoin de ce petit plaquage, ce petit coup sur l'épaule pour me dire « attends, lève les yeux au ciel deux secondes quoi, arrête de t'enfermer toi-même. »
Pour autant il ne m'a pas rejoint dans la rationalité pure. Si c'était juste une preuve rationnelle qu'on reçoit comme ça, qui est entendable et compréhensible par tous en une petite démonstration d'un quart d'heure, et bien il n'y aurait aucun mérite à croire : il n'y a pas de mérite à croire dans le théorème de Pythagore. Alors que croire dans l'existence de Dieu c'est un élan propre, c'est une volonté, il y a besoin de faire un mouvement, un geste vers lui et peut-être de prendre le risque de croire en Dieu qui est dans une autre strate quoi.
Je pense qu'il y a deux enseignements. Le premier, c'est quand même de savoir que Dieu est là, ça change complètement ta vie quoi. C'est très très fort quand tu as une preuve sensible de l'existence de Dieu ou en tout cas quand tu le ressens sensiblement, ça va te porter pendant trois jours et puis après tu repars dans une certaine traversée du désert, dans une sécheresse, dans une difficulté à te mettre en présence de Dieu. Là le fait de l'avoir vécu de manière aussi tangible, aussi puissante, ça me permet de regarder en arrière et de me dire « mais en fait s'il y a ce moment-là, il y a cette messe où il m'a permis d'écouter en me donnant un supplément de force » et donc tu peux te retourner vers ça et regarder en arrière et te dire « mais en fait ça existe quoi, c'est là, je le sais que dans mon passé il y a eu ça, que c'est pas un mythe et que Dieu est vraiment là quoi ». Donc ça affirme pour tout le restant de ta vie la preuve de l'existence de Dieu et surtout de son amour.
C'est le premier enseignement qui est très fort et qui change un peu ma vie même si évidemment ça reste dur d'entretenir ce lien et notamment dans la vie de tous les jours ça reste très compliqué mais c'est déjà un pas important.
La deuxième chose aussi c'est la rencontre avec la force de cet amour qui te fait tout remettre en perspective. C'est qu'en fait tu te rends compte que la chose qui a le plus de valeur dans la vie, la chose qui peut te rendre le plus heureux, qui peut te donner plus de joie, durable et de bonheur, c'est de ressentir l'amour de Dieu et d'être en relation avec Dieu.
Tu regardes un peu ce pourquoi tu te battais avant, tu regardes l'argent, tu regardes la gloire, le succès ou je sais pas quoi, tu regardes l'amour de Dieu à côté et tu te dis « waouh, c'est pour ça que je me battais quoi ». Et à côté de ça il y a l'amour de Dieu qui est tellement plus fort, tellement plus puissant, à côté ça n'a pas de valeur quoi. Et du coup tu changes un peu tes schémas de vie, là où le carriérisme pouvait être ton horizon premier et ce à quoi tu consacres le plus de temps.
Il y en a plusieurs qui dans cette retraite se sont dit « mais en fait j'ai envie de changer de vie quoi, je sais pas ce que je fais là », dans une boîte dont la seule recherche est la création de valeur monétaire, est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de plus grand que ça à faire quoi ? Tu évolues un peu là-dessus et tu te dis « mais non mais en fait il y a quand même d'autres choses qui ont plus de valeur ». : genre s'occuper des autres, rencontrer Dieu dans la nature, dans les relations humaines et puis dans la prière.Et du coup tu passes un peu plus de temps, tu te mets aussi à lire des livres qui sont différents. C'est quelque chose qui a déjà commencé à me rendre plus heureux.
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