Citation : "Jésus est tout pour moi, car quand je vois Jésus, je vois ma famille".
Aujourd'hui, écoutons le témoignage de foi de Marie-Jeanne, à Mayotte.
Marie-Jeanne :
Je m'appelle Marie-Jeanne Aimée, et je suis chrétienne catholique. J'ai accouché de quatre enfants : deux filles et deux garçons. Malheureusement, deux garçons sont déjà morts dans la guerre au Congo. Je suis congolaise et je suis à Mayotte.
Dans la Bible, ce qui me touche, c'est quand Jésus était sur la croix, quand il a vu la Vierge Marie, il a dit : "Mère, voilà tes enfants." Il a dit aussi : "Jean, voilà ta Maman" et aussi ça me touche, je pense, que Jésus nous a pas laissé seuls, et il m'a laissé ma mère, Vierge Marie. C'est ça qui me touche, c'est ça qui me donne la force de croire beaucoup en Dieu.
Moi, ont m'a accouchée, je suis un enfant orphelin. Quand Jésus, il a dit que voilà ... l'enfant, voilà ta mère, moi aussi je sais que je ne suis pas seule. Je n'ai pas la famille et je suis seule avec mes petites filles. Et puis je sentais que l'église, c'est là où je peux trouver ma famille. Par exemple, quand j'ai besoin de quelque chose, je me mets à genoux, je dis :
"Jésus, tu m'as laissé ma mère, Marie, tu es là, Tu m'as laissée seule ici au monde et on m'a accouchée. Les autres ont des sœurs, les autres ont les parents, les autres, ils ont des oncles et tantes, quand moi je suis seule. Tu sais pourquoi tu m'as laissée seule. Alors, j'ai besoin de ça, de ça et de ça, j'ai tel, tel, tel des problèmes."
Je te dit la vérité quand je mets un genou comme ça, j'ai prié, toujours Dieu, il me répond. Vraiment, merci Seigneur.
Le 22 novembre 2022 au Congo, il y'a des gens qui sont venus me tuer, vraiment. De Maniema, ils sont venus avec les machettes pour nous tuer, mal. J'étais cachée avec mes enfants. Il n'y a pas même quelque chose qui nous couvrait. Moi j'ai vu qu'il me voit avec mes deux enfants
-là. J'ai dit Jésus, si ma mission est finie, ici, au monde, on me tue et puis on tue aussi mes enfants. Nous tous ! Je ne veux pas laisser mes enfants seuls. Parce que pour être orpheline, je connais la souffrance. Et puis ils sont venus, ils regardent. Moi aussi je regarde et j'avais peur, très peur. Même, les enfants, le bébé, ils ne parlent pas et ils pensaient qu'ils allaient nous tuer. Comme ils voient le machette avec le sang aussi, alors... Moi je pensais qu'ils me voyaient et puis il est venu et il regarde, il regarde, il regarde... Il a dit : aaaaah ici, on a tué tout le monde, il n'y a personne.
Et puis ils sont partis, alors. C'est un miracle ! Dieu nous a cachés. Vraiment. Toi, tu les regardes et il n'y a pas quelque chose qui vous couvre. Or, ils ne vous voyaient pas. Vraiment, c'est un beau miracle que Dieu m'a fait, le premier miracle que j'ai vu.
Quand on est venu ici à Mayotte, je ne savais pas que c'est à Mayotte. Mais je pense que c'est en Tanzanie parce que le 2 novembre 2024, on est venu en bateau, des kwassa, je suis tombée dans l'océan parce qu'un grand bateau à cogné le kwassa. C'était la nuit. Même le grand bateau, il ne savait pas qu'est il a cogné le kwassa. Quand je suis tombée, j'étais avec une fille malgache qui était à côté de moi. Son chéri alors, il était derrière pour conduire le kwassa. Il a sauté dans l'océan. Moi c'est la première fois que je vois l'océan... il a sauté dans l'eau et tout les gens criaient : aaaaaaaaaaaah ! Puis le chéri-là, il a tiré mes cheveux, il a tiré, tiré et puis je suis montée. J'ai dit aussi à Jésus : Jésus, depuis ma souffrance et ma naissance, ça c'est quoi ? l'océan aussi ? Jésus, oh aide-moi, sauve-moi ! Oh ! J'ai bu de l'eau, c'était grave. J'ai dit : Je suis fatiguée, je suis fatiguée depuis ma naissance, la souffrance grandit, la souffrance, et maintenant l'eau. Jésus aide-moi ! aide-moi ! On m'a touché le ventre pour enlever l'eau. Et puis je suis restée tranquille. Tous les gens qui étaient dans le kwassa dit : Madame, priez, priez pour nous ! C'est toi qui va prier pour nous parce que c'est un grand miracle. Le kwassa va tomber, on est déjà fatigués.
J'avais un chapelet dans ma main. J'ai dit : Dieu, la mère Vierge Marie, je suis là, je suis ton enfant, tu es où ? Sauve-nous ! Et puis, j'ai vu quelques minutes... dix minutes ou cinq minutes, j'ai vu le bateau de policier de France qui est dans l'eau avait l'alarme ; les gens crient : voilà le le policier. j'ai dit : "aaaah !" Comme je connais un peu le français, j'ai dit : "Nous sommes là, sauvez-nous, sauvez-nous !"
Et puis les policiers sont venus à côté de nous nous sauver. Tous les gens disent : "prends la femme, elle a déjà souffert". On m'a mis dans le bateau des policiers. J'ai vu mes enfants, j'ai dit : merci Seigneur. Ils nous ont amené à l'hôpital, m'ont donné le médicament. Là aussi c'est un miracle !
J'ai trouvé le Secours Catholique grâce à Malo, parce que moi et Malo, on est ensemble à l'église et on a commencé à prier, moi et Malo avec son mari pour m'aider dans la prière parce que j'étais vraiment gravement malade psychologiquement. J'avais beaucoup de problèmes. Malo m'a amenée chez le psychiatre et puis elle m'a dit qu'il y a une association du Secours Catholique- petit à petit je suis arrivée là-bas, j'ai apprécié, j'étais très contente. Je suis heureuse avec le Secours Catholique. Je commençais à rire, je commençais à voir que je suis un être humain... je suis aussi normale. Grâce à Dieu, j'ai trouvé un hébergement.
Jésus est tout pour moi, parce que quand je vois Jésus, je vois ma famille. Je reste tranquille, avant je regardais les autres : Dieu est maman, ma tante, mon oncle. Jésus me protège. Je vois Jésus comme un bon exemple. On l'a tué, il a fait du bien aux gens, mais on l'a tué. Il n'a pas de péchés. Mais il est mort sur la croix. C'est un bon exemple. Moi aussi, on a tué toute ma famille. Je suis seule. Et puis mon mari, je ne sais pas là où il est. Si on l'a tué ou s'il est encore vivant, je ne sais pas... Mais j'ai tout dit : Jésus, c'est toi qui connais tout.
Il faut que tu continues à nous protéger, moi avec mes enfants.
Photographie d'illustration : © Patrick Piro;tous droits réservé