Citation : "Avant, je n'étais pas croyante. Je me disais il y a un dieu pour certaines familles et pas pour d'autres."
Aujourd'hui, écoutons le partage de foi de Christèle.
Christèle :
Il y a un texte qui m'a bouleversée. C'est... "C'est moi qui t'ai choisie, appelée par ton nom. Tu as du prix à mes yeux et je t'aime."
Dans ma vie, je n'ai pas toujours été croyante. Donc du coup, à la naissance, ma mère m'a abandonnée quelques mois à l'hôpital, et ensuite elle est revenue me chercher. Sinon, j'aurais été pupille de l'État. On m'a raconté qu'elle ne savait pas comment m'appeler. On lui a présenté une liste et c'est celui-là qui a été choisi : Christèle. Et pour moi, c'est pas elle c'est Dieu, par rapport à elle, qui m'a donné mon prénom, et qui s'est penchée tout de suite sur mon berceau.
J'ai découvert ça après, parce qu'avant je n'étais pas croyante. Je me disais il y a un dieu pour certaines familles et pas pour d'autres. Il y a des bébés abandonnés, maltraités... Je trouvais pas ça juste. Moi, j'ai vécu beaucoup de maltraitance.
Quand ma mère est venue me récupérer, elle m'a fait payer cette naissance. Je n'ai pas exactement toute l'histoire parce qu'elle n'a jamais rien dit, contrairement à mes deux frères et à ma sœur. Et ça a été un enfer... et je ne comprenais pas pourquoi je devais subir et vivre des choses... : la maltraitance, les insultes, les crachats... tout ce que Jésus finalement -par la suite j'ai découvert- a vécu. Alors je me suis sentie comprise.
J'ai fait ma communion, ma confirmation, en 2017. Mon voisin m'avait envoyé un SMS pour me dire, ce soir, il y a les dix commandements qui passent à la télé. Je n'étais pas croyante, mais j'aimais bien ces films-là. C'était il y a à peu près en 2015-2016. Là, j'ai 59 ans. Je vais chez lui et on discute de ce beau film que j'adorais, autour d'un café. Et là, il commence à me parler de Jésus, de Moïse, de Dieu quoi... avec un tel respect, un calme...
Et je buvais ses paroles et j'entendais que c'était pas sa voix, en fait. C'était lui mon voisin, qui me parlait. C'est comme si j'entendais une autre personne me parler. Et petit à petit, mon cœur s'est dilaté. Il s'est passé quelque chose... En temps normal, je serais partie... j'aurais dit :" Écoute ça, voila c'est une légende et puis c'est tout." Là, je buvais ses paroles. J'écoutais, j'avais pas envie de bouger, j'avais pas envie de m'en aller. J'avais envie qu'il me raconte.
Il avait un regard profond, quelque chose dans les yeux qui était.... C'est indescriptible, mais qui m'a vraiment parlé, quoi, qui m'a fait quelque chose dans mon cœur, directement. C'est vraiment à ce moment là.
Je ne pouvais pas deviner qu'il était croyant. Il n'y avait pas une croix chez lui. En plus, il était en prison là, il a fait des trucs voilà, que je pouvais pas imaginer à rien quoi.
Comme quoi, là, je me suis rendue compte que Dieu passant par lui, ça pouvait pas être du vent. J'ai ressenti vraiment une vérité dans ce qu'il disait. Je le sentais vrai.
D'autres personnes m'avaient dit : "Oui mais ne t'inquiète pas, Dieu t'aime..." Oui, oui, mais tu sais Dieu, il m'a pas eu à la bonne parce que sinon je n'aurais pas vécu tout ce que j'ai vécu quand même... Après, je côtoyais les chrétiens quand même, ça me dérangeait pas plus que ça. J'ai jamais blasphémé quoi.
(Transition musicale)
Quand je suis devenue croyante après, j'ai eu soif de Dieu très vite.
Le lendemain, j'ai pas perdu de temps. Moi, j'habite un quartier prioritaire en plein centre-ville de Tours et dans ce quartier, il y avait des petites sœurs de l'Assomption, dont une que j'avais connue longtemps avant, et qui était bénévole au Secours Catholique, donc, Marie-Thérèse ... et une autre que j'ai rencontrée au mouvement Vie Libre, pour les gens qui ont des problèmes d'addiction.- mais elle, elle en avait pas -mais elle était à nos côtés pour nous soutenir pour etc... depuis de nombreuses années.
À l'époque, j'étais dépressive, malade, dans les addictions. J'ai 20 ans d'alcoolisme, d'addiction, de médocs... dont j'ai eu beaucoup de mal à sortir : un enfer quoi. Ça a été compliqué.
Et donc j'appelle Marie-Bernadette, cette sœur, j'ai dit : "Vite ! vite ! Marie Bernadette, il faut que je te parle, il se passe quelque chose. Je sais pas, vite vite, il faut qu'on se voit"
Et on se voit. Et je lui raconte ce que je viens de te raconter. Et là elle me dit : "bah ça y est a ouvert la porte de ton cœur à Jésus!" "-Ouvrir mon cœur à Jésus ? Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que... ?" Alors il faut dire que c'était tellement l'inconnu pour moi et en même temps, j'étais certaine que mon histoire commençait. Ma vie allait commencer, maintenant.
Ça n'allait pas effacer le passé, mais j'avais beaucoup de choses à faire avec cette personne et surtout, j'ai eu peur. Ouh là là ! Attention, tu ne vas plus pouvoir mentir, tricher et faire semblant. Tu dois être toi-même. Ça m'a pris tout, tout mon intérieur, en fait.
Forcément, Les sœurs étaient heureuses. Oh la Là, il se passe un truc !
Et puis, elle me dit :" Tu sais, si tu veux, tu peux faire ta communion, ta confirmation..."
Je lui dis : c'est pour les enfants, c'est pas pour moi !"
Elle me dit : "Mais si, il y a pour les adultes !" Et puis elle me dit : " si tu veux, je veux bien de ton accompagnatrice."
J'ai suivi le parcours, mais c'était bouleversant ce qui m'arrivait. J'avais besoin quand même de comprendre, donc au lieu de le faire en une année, je l'ai fait en deux ans : j'ai fait ma communion à la grotte de Lourdes.
Au-moment où je suis devenue croyante, il s'est passé mais plein de grâces .
Je ne m'y attendais pas ! J'étais à un pèlerinage diocésain... et puis l'aumônier du Secours catholique de l'époque, -on était à la cité Saint-Pierre, on était au CEF le soir - puis il m'appelle. Il dit :"-Christèle ! -Oui mon père; -T'es prête là ? - pour quoi ? - Pour ta communion ! - Plus jamais mon père !! - Bah demain matin à la grotte."
Et ils ont tout organisé pour que..., c'était juste incroyable !
Et là, je me suis avancée. Il y avait des pèlerins. Moi j'étais toute seule. J'avais pas la famille rien. J'avais cette famille de la Fraternité Saint Martin de Tours, du Secours Catholique, des gens... Je me suis sentie tellement entourée du monde entier.
Il y a eu un grand silence.
On m'a demandé de m'approcher. Ils ont ouvert la corde, je me suis avancée et j'ai tendu ma main et tout ça. Et j'entendais maman Marie me dire : "Mais tu vois, ça valait le coup d'attendre finalement.". Parce ce que ma mère, elle a jamais voulu que je fasse tout ça.
On croit toujours qu'on est pas croyant parce qu'on n'a pas le désir, mais pas du tout. Il y a plein de familles où les parents ne croient pas, où ils blasphèment, ma mère blasphémait... et pourtant j'étais baptisée.... J'ai pas toute l'histoire,
Mais quand même !
C'est pour ça qu'il faut le partager. Il faut annoncer la bonne nouvelle, il faut en parler.
Il faut pas forcer, on m'a jamais forcée !- mais des petites choses par ci par là, tranquillement. (RIRES) Et du coup je pense que ça pose les choses.
Maintenant, aujourd'hui je réfléchis, c'est juste incroyable : Dieu a tout le temps, tout le temps, tout le temps été là et j'aime cette image des pas dans le sable.
Il m'a porté tout le temps en fait.
Les paroles de l'Évangile, tu vois, il y en a certaines qui me touchent plus que d'autres et celle, quand Jésus dit : "Ne faites pas le mal aux petits enfants, laissez venir à moi les petits enfants". J'étais beaucoup touchée par cette parole, parce que moi, je n'ai pas été aimée, hein. C'était terrible dans mon cerveau, il y avait que ça à 18 ans, ça s'en va pas, ces choses là.
Je me suis quand même retrouvée dans un foyer de l'âge de 17 ans à ma majorité. Et ensuite, j'ai connu la rue avec tout ce que ça peut apporter de malheurs quoi. - Parce que c'est un grand malheur - et l'affection quand il n'y a pas de place, quand les enfants sont pas aimés ou mal aimés, ça fait des dégâts irréversibles. Ça laisse des peurs, des handicaps, même invisibles des fois, des troubles anxieux généralisés, des peurs d'abandon, de rejet...
J'ai passé une majeure partie de ma vie à me réparer de ce qu'on m'a fait. Mais quand je le fais avec Jésus, c'est déjà plus pareil. C'est une nouvelle vie qui commence, mais dans l'Amour, cette fois-ci, Le vrai. Tu vois ? C'est quand même assez incroyable de savoir que quelqu'un va jamais t'enlever son amour.
J'ai eu à cœur de changer mon cœur aussi. Ca m'a parlé assez rapidement : je me suis dit bon ! Parce que faut se présenter un jour, (Rires) c'est pas facile quand on dit : " Allez tu descends dans ton cœur...". Ce qui me gênait, c'est : "laisse-toi aimer". Ç a n'allait pas de soi pour moi, j'étais quelqu'un de sauvage. A une époque, fallait pas me chercher. Je voulais pas qu'on m'aime, en fait.
Avec la Parole, ça m'a aidé beaucoup.
Un pas après l'autre, j'ai avancé avec Jésus, ensemble. On a besoin de savoir que quand même, Dieu est là, quand même, quoi qu'il arrive et surtout qu'il a à cœur de réparer ce qui a été fait.
C'est mon Jésus-binôme.
En fait, il est tout l'amour qu'on ne m'a pas donné. Et j'en reçois de lui chaque jour à travers des frères et sœurs qu'il met sur ma route parce qu'il m'a apprivoisée. Il m'a montré que les gens pouvaient être gentils. Je ne me sens plus orpheline, en fait. J'ai une famille, tu vois. C'est important qu'on découvre qu'on a une famille, qu'on est aimé comme ça.
J'ai eu à cœur de changer ce qui n'allait pas dans mon cœur. J'avais mal quand j'agissais mal, même encore aujourd'hui, quand je sais que... ça dérape un peu, je me sens pas heureuse... et constamment, constamment, constamment, je me remets dans le cœur de Dieu et surtout sur le pardon.
Parce qu'il y a eu quand même pour moi des choses vraiment dures à pardonner, quoi. Mais j'ai réussi, avec l'aide de Jésus ! Et je me suis dit : c'est assez incroyable de donner autant d'amour pour que moi je puisse me sentir en paix et dire bon bah voilà, si tu veux vraiment ta vraie liberté, je vais te montrer le chemin pour que tu l'aies cette liberté là, celle que j'ai jamais eu, finalement.
En devenant croyante, j'ai trouvé ma vraie liberté.