Citation : "Dieu nous met les personnes dont on a besoin dans notre chemin de vie(...) On n'est pas seul"
Aujourd'hui, écoutons le partage de foi de Coco.
Coco :
Je dirais que Jésus, c'est un père, c'est un ami, c'est une personne sur qui on peut compter, même si on l'entend pas... tout simplement ça ! C'est le... Le bonhomme sûr ! (rires) On sait qu'on lui parle, même si on l'entend pas, on sait qu'il nous entend. Parce qu'on le voit après plus tard, Il y a des petites choses, il y a des petits signes qui se font après et je me dis : ouais ok, c'est bon.
Jésus met tout le monde sur le même pied d'égalité. Que tu sois pauvre ou riche, les riches sont pauvres de quelque chose et les pauvres sont riches d'autre chose. Donc ça, ça équilibre les choses.
J'ai toujours été pauvre de quelque chose. Je suis partie du Congo, de Pointe-Noire. J'avais huit ans quand je suis arrivée en France, on m'a catapultée de Pointe-Noire vers Lège Cap Ferret : un endroit où il n'y avait pas de personnes de couleur, comme on dit. J'étais la première... et ça a été très très compliqué.
Chez nous, les profs n'étaient plus payés. Ils venaient quand ils voulaient , donc on n'avait pas école tous les jours et comme j'étais la seule fille de ma famille, ma mère ne voulait pas que je finisse avec un mari et dix enfants. Donc elle s'est dit : Eh bien, on va sauver notre fille, on va l'envoyer en France.
Elle avait une possibilité. J'ai ma tante, donc sa grande sœur, qui vivait avec son mari ici en France. Donc c'est pour ça que je suis venue là. Quand je suis arrivée, même si ma mère est restée ici un an avec moi, le temps que je m'habitue un peu, mais ça a été compliqué parce qu'en fait, ma figure maternelle n'était plus là en fait, même si c'était ma tante.. ce n'est pas ma mère.
Donc ça a été très très très très dur ça. J'ai grandi très difficilement, ça a été très très compliqué. Et après il y a eu d'autres choses que je ne peux pas dire comme ça, qui se sont passés pendant toute mon enfance, quand ma mère est partie avec donc avec mon oncle, ma tante et mon cousin, ça a été très triste. C'était très très dur en fait, parce qu'ils se sont peu servis de moi. En fait, j'étais un peu la fille à tout faire, donc j'ai appris à cuisiner très très vite, j'étais plus un enfant, en fait. Comme quand j'étais avec mes parents, je vivais comme un enfant. J'ai grandi comme un enfant normal, avec des copines, on jouait, on allait, voilà comme font tous les enfants. Et là je le faisais plus en fait.
Donc voilà, quand il y avait les tâches à faire tous les jours, on allait à l'école. Quand je rentrais, les douches, c'était hyper chronométré, c'était très... Il y avait toujours un rythme très soutenu. Je pouvais pas dormir tard le week-end. Non c'était très très dur, vraiment difficile. Tout a été cassé en fait, quand je suis arrivée. Il y a eu beaucoup de changement.
Donc nous avant, tous les dimanches, on partait à la messe avec mes parents et ma grand-mère et là, en fait, on le faisait plus ; et ma mère, jusqu'à maintenant encore, elle a un groupe de parole où et elle elle aussi là-bas en fait, ils ont un groupe de parole, ils vont dans les dispensaires, aider les soignants et tout ça. Donc elle est très, très, très croyante. C'était une famille très croyante.
Mais ma tante, elle n'était pas comme ça. Même ma langue natale... ma tante, elle ne me parlait pas en lingala. Donc moi je l'ai perdu ça. Je le parle pas ! Et c'est vrai que ça a été très dur ça aussi. Tu perds des choses en fait... ce lien en fait avec ton lieu de naissance quoi... ça coupe. Vraiment.
Je me suis réconciliée avec Jésus en fait, quand j'ai déménagé, donc de Lège, je me suis séparée du papa de ma fille. Quand j'ai déménagé à Audenge, je n'avais pas de logement fixe, donc j'ai atterri à Audenge (rires) avec tout mon sac de problèmes, mon beau sac à dos. Donc j'étais en relation avec les assistantes sociales et tout ça. Et donc ils m'ont orientée vers le Secours Catholique et c'est là en fait que j'ai rencontré Myriam... qui est devenue ma maman de cœur... Avec qui on est devenues très proches... (émue)
Il y a même quelques temps de ça. Là, on a partagé un petit peu notre ressenti en fait, par rapport à ça, on s'est dit "pourquoi on s'entend aussi bien comme ça, et pourquoi ça s'est fait tout seul ?"
On a parlé avec notre aumônier de Gironde, avec Didier, pour voir s'il y avait un lien justement avec Jésus. Et comme moi je dis toujours en fait, on ne rencontre pas les gens par hasard. Dans notre chemin de vie, on nous amène toujours des personnes...comme ça. C'est là où on se dit que.... Il est là.
Il y a vraiment des gens qui... on te les amène comme ça là, on dirait que vraiment... C'était écrit, comme on dirait. Et je pense qu'Il est un petit peu en nous, dans chacun de nous. Il faut savoir l'entendre.
(Pause musicale)
Je pense que Dieu nous met des personnes qu'on a besoin dans notre chemin de vie... et qui va nous apporter justement ce petit réconfort et ce petit rééquilibrage, un petit peu. Et de te dire que : on n'est pas seul...tout simplement. On a fait plein de petites choses ensemble, c'est ça aussi qui m'a donné aussi envie de devenir bénévole au Secours Catholique.
Au Secours, je fais des petites choses : je fais partie de l'équipe du Fraternibus où il y a un bus en fait, qui part dans une résidence. On partage le café avec les personnes qui vivent là-bas... C'est juste pour faire le lien, un petit peu, entre les personnes, parce que souvent ils ne se connaissent même pas entre eux, entre voisins. Et en même temps, voilà quoi, s'ils ont besoin d'aide ou de leur dire un peu ce qu'ils peuvent avoir droit et tout ça, donc c'est quand même pas mal. Moi j'aime bien avoir le contact avec les gens et puis j'ai un contact assez facile avec les gens aussi. (Rires) Donc c'est un avantage.
Et après, maintenant je je coordonne aussi le groupe "Vivre ensemble". En fait, c'est les familles qui ont été aidées par le Secours. Donc on a gardé le lien avec eux et donc on fait des pique-niques, on va à la plage, on fait des barbecues, on essaye de garder le lien entre nous, entre les familles qui ont été accueillies, de ne pas se voir pour des choses que du Secours. On vient souvent à Bordeaux, on fait des visites, des trucs comme ça... On essaie de sortir les gens aussi parce que les gens ils sortent pas forcément non plus sur Bordeaux, les gens du bassin. Ils ont toujours des petits moyens et tout ça, donc c'est un peu compliqué. Donc on essaye toujours de trouver des choses quand même qui sont accessibles.
Que ce soit des personnes qui ont vécu la même chose qu'eux, je pense que ça met aussi un peu à l'aise parce que les gens ils ont pas forcément cette envie et de demander de l'aide parce que c'est compliqué, c'est très très compliqué. Déjà c'est difficile la situation dans laquelle ils sont, donc c'est très très difficile... même pour moi-même, quand il y a vraiment fallu que j'y aille, c'est très dur en fait de se dire que on va demander de l'aide à quelqu'un. C'est très très difficile... C'est qu'à un moment donné, j'ai dit : "Il n'y a pas d'autres solutions". Tout simplement, c'est que tu ne vas pas t'en sortir toute seule. Même si tu te bats, tu fais ce qu'il faut, il faut autre chose en plus pour que ça s'arrange vite, que ça dure pas dans le long terme. Faut que ça se termine vite justement, pour pouvoir passer à autre chose et avancer.
C'est un petit groupe de partage de parole d'Évangile qu'on a fait, donc c'est comme une petite famille. C'est ma petite famille à moi ! (rires) Recomposée !(rires), où chaque personne du groupe, du partage d'Évangile, chacun, a un petit bout de Jésus en lui. C'est sûr.
Moi ça me redonne beaucoup de confiance en moi parce qu'en fait, pour le coup, maintenant, dans le groupe avec Myriam, on le fait ensemble en fait, pour dynamiser la Parole. En fait, pour le partage, c'est moi qui lis chaque phrase, c'est moi qui les lis. Je participe beaucoup, c'est un truc que je faisais pas du tout avant... mais pas du tout.
J'étais très timide, je parlais pas trop. Je suis une personne, de base, qui avait pas du tout confiance en elle. Mais vraiment, j'avais pas du tout confiance en moi. Et ça c'est en fait, ça m'a redonné une place un peu. On est vraiment là pour être ensemble, partager justement cette Parole. On dit ce qu'on a à dire, on se respecte, on se coupe pas la parole. On ne fait pas de débat non plus. On débat pas là-dessus. Chaque personne qui va parler, on ne va pas débattre. On donne vraiment notre ressenti par rapport à ça. Quand on a fini, on partage, on mange tous ensemble.
La vie devrait être comme ça.
Tout simplement.