Être plus vivant

Soeur Christine Gizard

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La Résurrection du Christ n’est pas restée sans conséquences. Aujourd’hui encore, elle fait son oeuvre. Si nous ne sommes pas encore pleinement ressuscités avec Jésus, nous pouvons être relevés et restaurés par Lui, dès maintenant.

Aujourd’hui, c’est Christine Gizard, sœur auxiliatrice, avec sa longue expérience d’accompagnement spirituel, qui nous partage les merveilles dont elle a été témoin.

Il y a beaucoup de choses qui se passent dont on est les témoins privilégiés. C'est vrai que ça nourrit la vie personnelle, la vie spirituelle, la relation à Dieu. C'est souvent beaucoup d'actions de grâces. La plupart du temps, quand on remarque que Dieu parle dans la vie des personnes et qu'on peut le sentir de manière plus concrète, de fait c'est une expérience qui revient fréquemment, de découvrir qu'en fait les personnes découvrent une relation vivante à Dieu, que Dieu est présent à leur vie, et quand ils découvrent ça en général, c'est quelque chose de très très heureux pour eux, et c'est souvent un déclencheur, ou c'est souvent une expérience fondatrice pour la suite. C'est aussi une exigence parce que ça nous demande, nous, beaucoup d'honnêteté et de rigueur dans notre propre chemin vers Dieu.
On ne peut pas guider les autres si soi-même on n'est pas en recherche et en marche vers Dieu. Tout ça, ça se vit dans son propre accompagnement pour découvrir comment Dieu le conduit, et puis régulièrement relire tout ça avec un autre accompagnateur expérimenté. Ça arrive souvent que les personnes arrivent soucieuses ou embrouillées sur le sens de leur vie.
Il y a une question qui les taraude et sur laquelle ils n'avancent pas. Ça peut être une question d'orientation professionnelle, une question pour les jeunes, en tout cas beaucoup, de couple. Est-ce que c'est bien lui ? Est-ce que c'est bien elle ? Peut-on avancer ensemble ? Vers quoi allons-nous ? Est-ce qu'on va se marier ?
Ça peut être aussi une question vocationnelle. Est-ce que je ne suis pas appelée à être prêtre ou religieuse ? Toutes ces questions-là, ils arrivent avec ça. Ou aussi une question d'orientation professionnelle. Je ne sais plus très bien vers quoi je dois aller et ce qui correspond à la volonté de Dieu.
Donc ils arrivent avec des questions importantes, un peu inquiets ou soucieux ou embrouillés dans ces questions-là. C'est très fréquent qu'ils repartent apaisés, le regard clarifié sur ce qu'ils doivent faire, avec une espèce de lumière et beaucoup de joie. Parce qu'on s'est préparé, parce qu'il y a un désir qui est là, d'avancer dans sa vie, de se tourner vers Dieu.
Et quelque chose s'ouvre du côté de la relation au Christ. Ça, c'est toujours un moment extrêmement précieux.

Je me souviens par exemple d'une jeune femme qui arrivait préoccupée avec une question.Elle venait faire une retraite. Elle disait qu'elle se sentait appelée à devenir religieuse. Et au cours de la retraite, elle vivait des choses variées avec les textes bibliques au fur et à mesure. En relisant ses notes à la fin, elle a découvert que tout ce qu'elle avait écrit et tout le parcours qu'elle avait fait dans cette retraite, lui montrait qu'elle était en fait amoureuse d'un jeune homme qui l'attendait, avec lequel elle était un peu en relation, mais tout en se disant « mon chemin pour moi, ce n'est pas ça ». Elle a redécouvert avec un grand bonheur que le Seigneur ne lui demandait pas des choses impossibles, et lui demandait d'être heureuse aussi à travers la voie du mariage. Et que la voie du mariage ne serait pas un mauvais moyen pour servir Dieu. Au contraire, pour elle, c'était le meilleur moyen pour servir Dieu.

Je rencontre aussi tel jeune homme qui est loin de sa famille et qui, au cours d'une retraite, sous le regard du Christ, retrouve la force et la paix d'un « oui » qui est affermi pour continuer le chemin du séminaire. Il repart apaisé, raffermi dans sa foi. Ou bien tel jeune homme qui ne savait pas très bien quel avenir professionnel engager, et qui, pareil, dans la rencontre du Christ, refait le choix d'exercer son métier, mais avec une attention plus grande auprès des pauvres.

Par la Parole de Dieu, il y a des choses qui se passent. À un moment, il y a quelque chose qui ne s'explique pas, mais c'est comme si le Christ s'adressait à moi. Voilà souvent ce qu'on entend dans ces temps de prière, parce que le contexte aide aussi. On est dédié à ça, c'est-à-dire qu'on prie plusieurs fois dans la journée, quatre fois, souvent une demi-heure au moins, pour une retraite oui, on a décroché avec les activités habituelles, les relations qui sont les nôtres, donc on est complètement disponible à Dieu. On pourrait dire que dans cette disponibilité, ce sont des bonnes conditions pour faire cette expérience, que le Christ est présent dans leur vie, et puis désire entrer avec eux en amitié, dans une relation amicale et forte, en fait.

Ça peut être aussi tel père de famille qui arrive avec des difficultés dans son couple, et qui, à travers le chemin de la prière faite dans une retraite, découvre qu'en fait, il faut qu'il poursuive le dialogue en vérité avec son épouse. C'est des choses comme ça qui arrivent, qui sont autant de chemins pour être plus vivants dans leur vie.

La disponibilité dans le cadre de retraite, c'est vrai que c'est une dimension importante. Le désir en fait, le désir d'aller à sa rencontre. Rien ne se passe s'il n'y a pas de désir. Et puis aussi dans les retraites, ça peut être aussi une fragilité, un parcours difficile ou une blessure, qui peut se porter sous le regard du Seigneur, et découvrir là-dessus le regard de bonté de Dieu. Ça aussi, ce sont des déclencheurs importants.

Il y en a aussi qui font ces retraites pour approfondir leur foi, tout simplement. Ils arrivent avec sans doute le goût d'avancer dans la foi, il n'y a pas de question immédiate. Et puis, au cours de la retraite, ils se découvrent aimés de Lui, et ils repartent avec une Foi raffermie. Ça aussi, c'est heureux, parce que ça prépare les décisions qu'ils seront à prendre ultérieurement.

Ce qui s'est passé là-dedans, pas forcément la réponse immédiate à la question, mais ce qui a été souvent le déclencheur, c'est la rencontre avec le Christ dans la prière, où ils se sont sentis aimés. L'objet d'attention, de la miséricorde de Dieu, et où bien alors encore, ils ont senti que le Christ s'adressait personnellement à eux. Et ça, à travers l'Écriture, à travers une page d'Évangile, ils se sont vus et ils ont pu parler cœur à cœur avec le Seigneur. Et c'est souvent un déclencheur pour la suite.

Il y en a un certain nombre aussi qui sont renvoyés à leur vie, en essayant de vivre l'Évangile dans leur vie concrète, surtout de vivre davantage en amitié avec le Christ. Ils reviennent dans leur quotidien, mais un peu différemment. Ça aussi, ça permet des maturations, d'une décision plus importante par la suite.

Pour d'autres, ce qui aide aussi, c'est le discernement d'Ignace de Loyola, qui, dans le repérage de ce qui se passe dans la prière, découvre un peu mieux comment ils sont conduits, avec des règles de discernement de saint Ignace de Loyola. Ils vont y voir plus clair sur la volonté de Dieu, en tout cas. Ce qui se passe aussi beaucoup dans les retraites, c'est que de nouvelles images de Dieu peuvent être rétablies, ou des fausses images de Dieu s'effondrent. Une image de Dieu qui aime est libérante, sur sa volonté aussi, peut se laisser découvrir. Ça aussi, ce sont des éléments qui aident pour mieux découvrir son chemin, et à quoi Dieu nous appelle. Quelle est sa volonté pour nous ?

Je me sens évangélisée par ce que j'entends. Ça rejoint mon propre chemin, par moment. Ça arrive assez fréquemment, d'ailleurs. J'ai le souvenir d'une jeune femme pour laquelle je m'inquiétais, et tout d'un coup, je la vois arriver dans un week-end pour fiancer, et j'ai compris, pour moi, que c'était un signe de Dieu, qu'elle avait trouvé sa route, et que désormais, elle n'avait plus besoin de moi, par exemple.Donc, le Seigneur me fait signe aussi, à travers ce que vivent les autres, comme des clin Dieu, en écoutant.

Ça conforte notre quête de Dieu. Ça a fermé notre chemin. Il y a une espèce de joie quand nous voyons les gens trouver leur voie. En fait, il y a comme une fécondité, effectivement. On se sent, en fait, un peu comme un instrument dans la main de Dieu, que Dieu poursuit son œuvre dans le monde, et qu'en fait, nous sommes un peu ses collaborateurs. Ça nous met en humble place, comme un instrument de Dieu qui veut se communiquer aux hommes et aux femmes de ce temps, en fait. Donc, ça nous met en mission avec Lui.

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