Aimer grâce à Dieu -témoignage 3-

« Ce que cela m'a apporté, ce temps de prière quotidien, c'est une forme de solidité intérieure. » Véronique Goubert

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Aimer grâce à Dieu -témoignage 3-

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Le texte qui suit, au style très oral, est une transcription du témoignage de Véronique, retraitée engagée dans un diocèse qui nous partage comment les Écritures l'ont aidée à devenir plus charitable, plus aimante envers son prochain.

Un exemple fort pour moi, cela a été l'accompagnement d'un membre de ma famille très seul à la fin de sa vie. Je l'ai accompagnée pendant les deux dernières années de sa vie. Ça n'a pas été un combat de le faire parce que j'étais pratiquement la seule à pouvoir le faire. Pour moi, il fallait le faire parce qu'il en allait vraiment de la dignité humaine.

Mais rétrospectivement, quand je regarde tout ce que j'ai fait et tout ce que j'ai vécu à ce moment-là, je me dis que ce n'était vraiment pas rien et que seul le Seigneur m'a donné la force et le courage de le faire. C'est vrai qu'il y avait des jours où c'était beaucoup plus difficile que d'autres; d'abord parce que j'étais loin du domicile de cette personne et que j'avais vraiment peu de temps à ce moment-là. Donc il y a des jours où j'étais fatiguée. C'était difficile physiquement, un peu moralement aussi, parce qu'elle n'était pas toujours aimable. C'était une personne célibataire, avec une personnalité assez forte, parfois un peu revêche. Mais je ne me suis jamais dit : « je vais arrêter, c'est plus possible ». Il y avait vraiment une fidélité dans l'accompagnement.

Il y a une phrase dans le Nouveau Testament que j'aime énormément, une phrase de saint Paul dans l'épître aux Galates au chapitre 5 qui dit Les fruits de l'esprit. Dans ces fruits de l'esprit, il y a la patience, il y a la douceur, il y a la fidélité, il y a la maîtrise de soi, il y a la bienveillance, l'amour, la joie… J'en oublie peut-être ! Mais ce qui a été vraiment important pour moi, vous voyez, c'est la fidélité dans l'accompagnement, la douceur, la bienveillance, la maîtrise de moi aussi, parce que c'était une personne qui parfois pouvait être amenée à dire des choses … assez mauvaises, assez malveillantes vis-à-vis d'autres membres de la famille, même parfois à prendre des décisions mauvaises, on va dire, méchantes.

J'ai vraiment expérimenté que la maîtrise de moi que me donnait cette fréquentation quotidienne de la parole me permettait de lui dire des choses, poser des limites-Mais ça, je suis arrivée à le dire parce que j'avais en tête cette citation de saint Paul- Elle les a entendus, elle a modifié certaines façons de faire, ça n'a pas été simple pour elle non plus.

Elle a mis du temps à accepter ce que je lui disais et puis après à le faire. Mais elle l'a fait. Et ça, c'est vrai que j'en étais très heureuse pour elle, parce que je pense que ça l'a aussi adoucie et sans doute permis de partir plus sereinement. Très heureuse pour l'ensemble des relations familiales et très heureuse que ça se soit passé comme ça parce que ça devait se passer comme ça.

Je suis amenée à revivre un peu une expérience de ce type avec une autre personne de ma famille. Donc là encore, j'expérimente à nouveau ce que j'avais vécu avec cette personne-là. C'est-à-dire l'importance de la patience, de la fidélité, de la douceur et de la maîtrise de soi.
J'observe aussi parce que c'est un compagnonnage, (celui ci qui est plus long que pour la première personne dont j'ai parlé) le fait que lorsque je vis des périodes de désert, combien je peux manquer de patience, manquer de bienveillance, ça, je l'expérimente en négatif. Pour moi, une période de désert, c'est une période où je n'arrive pas à prendre suffisamment de temps pour la prière avec la Parole de Dieu et que donc je ressens assez vite dans mon comportement avec les autres plus d'agacement, moins de patience, un peu moins de bienveillance, voilà ce genre de choses.

Je ne pensais pas que j'allais mettre autant de temps à ce que cette lecture devienne un besoin et un plaisir. C'est un outil essentiel pour moi. Donc, le message que j'ai envie de donner, c'est vraiment de ne pas baisser les bras trop tôt, de ne pas abandonner. Cela va porter du fruit, mais il faut nous laisser le temps d'ouvrir notre cœur à Dieu.
En relisant la période du premier accompagnement dont j'ai parlé, j'ai vraiment eu le sentiment d'avoir été portée par Dieu.

Je me dis aujourd'hui : sans Dieu qui m’a «donné force et courage », comme on lit très souvent dans les psaume, j'aurais peut-être réussi à le faire, mais pas de la même façon, pas d'une façon que j'ai essayé de décrire avec ces fruits de l'Esprit.

Et puis je dirais que plus généralement, ce que je vis, c'est ce davantage d'amour pour l'autre, quel qu'il soit, globalement, dans ma vie familiale, conjugale, amicale, de ressentir davantage d'amour pour l'autre et d'être moins dans le jugement, avec le risque de se comparer en fait à l'autre. Ça, je pense que le Seigneur m'a aidée aussi à avancer sur ce chemin-là en accueillant l'autre tel qu'il est. Il n'est pas toujours à l'image de ce que je souhaiterais, mais en lui il y a vraiment des belles choses. Et petit à petit, ce compagnonnage avec le Christ m'aide à découvrir ce qu'il y a au fond de l’autre, ce qu'il y a en lui, et à l'admirer à m’en émerveiller et à éprouver de la gratitude."

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